L’orientation scolaire ne s’improvise pas !

L’orientation scolaire est tout aussi important qu’apprendre

L’école, c’est, bien sûr, apprendre mais c’est aussi choisir une orientation scolaire. C’est tout autant une étape indispensable vers un avenir professionnel et personnel harmonieux que ne l’est un parcours d’apprentissage efficace. Nombre d’élèves, par une orientation scolaire déficiente, peuvent ainsi restreindre leurs choix professionnels.

Anticiper, être actif et bien se connaître

Qu’ils aient utilisé, ou non, les services d’un conseiller d’orientation scolaire, les élèves qui ont fait des choix d’orientation inappropriés ont souvent buté sur les mêmes difficultés : manque d’information, passivité, préparation trop tardive et non prise en compte de leurs aspirations profondes. Au contraire, ceux qui se prévalent d’une orientation scolaire réussie mettent en avant les éléments suivants :

Orientation scolaire boussole
  • Être acteur de son orientation. Ne pas être passif et faire comme la famille ou les copains. Ne pas attendre que l’on vienne vers eux mais agir de façon pro-active ;
  • Préparation très en amont (ils n’ont pas forcément attendu le lycée voire la terminale pour s’interroger et s’informer sur leurs futurs choix de vie) ;
  • Bien se connaître et savoir quelles sont leurs goûts, leur projet de vie, leurs objectifs, leurs envies et leur(s) source(s) de motivation ;
  • Bien s’informer sur les débouchés potentiels. Tenir compte de ses envies, c’est bien. Mais encore faut-il qu’il y ait aussi des débouchés professionnels pour pouvoir les exprimer et s’adapter sur du long terme sachant que 85% des métiers de 2030 n’existent pas encore (Source pôle emploi).
  • Ne pas hésiter à se faire aider. Que ce soit en rencontrant des professionnels dans des domaines qui vous intéressent et en faisant appel, le cas échéant, à un coach externe. Et bien s’assurer que la personne en face de vous, vous accompagne en prenant en compte qui vous êtes et ce à quoi vous aspirez.

Une collection de témoignages de jeunes adultes sur leur parcours scolaire

Je reviendrai bien évidemment sur l’importance de l’orientation scolaire dans de futurs articles. Mais, aujourd’hui, je vous propose de débuter une collection de témoignages de jeunes adultes sur leur parcours scolaire et leur orientation au travers d’une série de podcasts audio.

Dans ces témoignages, nous pourrons apprendre de ces jeunes adultes quel a été leur parcours d’apprentissage, l’importance que peut avoir leur environnement familial et amical dans leur choix et développement, leur approche de leur orientation scolaire et aussi quelle est leur vision de l’enseignement avec les qualités et les lacunes qu’ils lui attribuent.

Pour commencer cette série, que je poursuivrai au fil des rencontres, je vous propose de retrouver Pierre Rondeau, 20 ans, qui opère aujourd’hui le blog « Dirige ta vie » dont la devise est : « Réveille le meilleur de toi, concrétise tes idées et développe ta confiance en toi ».

Les lecteurs de cet article ont aussi lu : Et si on abordait les matières scolaires sous un autre angle

Témoignage de Pierre sur son parcours et son orientation scolaire

Pierre et l’école, c’est l’histoire d’un rendez-vous manqué. Des redoublements, des orientations qu’il subit plus qu’il ne les choisit. Et finalement un arrêt de l’école en première et un changement total d’orientation vers le développement personnel et la formation.

Au cours de cette interview, on comprend que Pierre s’est vu finalement imposé, en raison de ses notes et par mimétisme familial, un parcours vers les domaines industriels et scientifiques qu’il n’a pas vraiment choisi.

Pour autant, même si l’école ne lui a pas convenu, il ne se montre pas totalement négatif à son encontre. Ainsi il explique que l’école lui a permis d’échanger socialement et d’identifier rapidement ce qu’il ne voulait pas faire.

Pour lui, l’école idéale est celle qui laisse beaucoup de liberté aux élèves dans leur orientation scolaire et leurs choix de matières avec une gestion par projet permettant de regrouper des élèves ayant des aspirations communes. En cela, il aspire à des modèles proches de ceux développés au Danemark et en Norvège.

Aujourd’hui, orienté vers la psychologie et le développement personnel, Pierre a trouvé une voie qui lui convient et le motive à se former. Mais aussi en ligne, à son rythme et en fonction de ses propres choix.

Pour ceux qui ne souhaite pas, ou ne peuvent pas écouter le podcast présent au début de cet article, voici une retranscription semi-littérale de l’interview :

JaimePasLecole.com (JPL) : Bonjour, Pierre ! Merci d’accepter l’interview de jaimepaslecole.com.

Pierre Rondeau (PR) : Bonjour et merci à toi, Elisabeth.

JPL : Le thème est donc l’école et d’avoir ton point de vue sur l’orientation, tout ce qui peut tourner autour de ce sujet.

PR : D’accord.

JPL : Dans un premier temps, pourrais-tu te présenter, s’il te plaît ?

PR : Je me présente : Pierre Rondeau du blog « Dirige ta vie ». Et j’ai quitté justement le cursus scolaire en mars 2018. Donc ça va faire plus d’un an, maintenant. Voilà !

JPL : Est-ce que tu peux me dire, quand tu étais plus jeune, quels étaient tes goûts tes passions ?

PR : Plus jeune, je dirais que j’ai toujours aimé apprendre à créer de mes propres mains avec tout ce qui était jeux de construction, etc…. Et au niveau des études, j’étais à peu près curieux de tout. Mais je n’avais pas réellement de passion qui était plus forte que les autres, on va dire.

JPL : Il n’y avait donc pas une passion qui se démarquait des autres ?

PR : Non. Pas durant mon enfance, je ne pense pas.

JPL : Combien de temps as-tu passé à l’école, à peu près ?

PR : Je dirais, 10, 15 bonnes années.

JPL : Peux-tu me décrire ton parcours scolaire ?

PR : Alors, mon parcours scolaire… Je peux commencer dès la Troisième, comme ça se sera plus simple. J’ai redoublé ma Troisième. Donc j’ai fait deux Troisième. Ensuite j’ai fait deux Secondes dans l’année qui a suivi. Ensuite j’étais en Première. Puis j’ai pris une année sabbatique puis une nouvelle Seconde et une nouvelle Première. Et je me suis arrêté en première A STI2D (Note de retranscription : Sciences et Technologies de l’Industrie et du Développement Durable).

JPL : Est-ce que tu peux m’en dire un peu plus sur ton type de parcours ? Qu’elle était ta spécialité ?

PR : Le type de parcours que j’ai le plus fait, c’est surtout dans le mode industriel, technologie et Ingénierie.

JPL : Comment en es-tu arrivé là ? Est-ce toi qui as choisi ton orientation ? Comment ça s’est passé à ce niveau-là ?

PR : Aujourd’hui, je dirai que mon orientation je l’ai choisie le jour où j’ai quitté l’école. Le jour où j’ai pris la décision de démissionner du lycée. Mais, avant, on va dire que je ne choisissais pas vraiment mon orientation. C’était plus une conséquence de mes notes qu’autre chose.

JPL : Tu n’étais donc pas forcément intéressé par les disciplines que tu suivais ?

PR : Non. J’étais plus curieux de découvrir qu’intéressé, en fait.

JPL : Tes parents étaient-ils impliqués dans ton parcours scolaire ? Comment ça s’est passé ?

PR : Je dirais que oui car ils ont toujours été à mes côtés pour “m’aider” à choisir la filière qui pourrait me correspondre au mieux.  Et puis on a fait au plus simple ensemble : c’est-à-dire que j’ai choisi des choses qui avait déjà été choisies dans ma famille. Et donc, ça s’est à peu près passé comme ça. Et puis c’était aussi en fonction des lycées, de mes notes et de mon dossier scolaire.

JPL : Si j’ai bien compris, tu as donc choisi ton orientation en fonction de tes notes et pas vraiment de tes aspirations ?

PR : Non car si j’avais choisi en fonction de mes aspirations…je ne serais pas resté à l’école.

JPL : Donc aujourd’hui où en sont tes aspirations et où en es-tu par rapport à cette situation ?

PR : Alors aujourd’hui, je dirais que je suis plus en apprentissage autonome. C’est-à-dire que j’apprends par moi-même avec la lecture, les conférences en ligne, les cours en ligne, etc… Je suis plus dans une démarche autodidacte que dans une démarche d’apprentissage scolaire ou universitaire. Mais ce n’est pas pour autant que je n’envisage pas de faire beaucoup de formations, beaucoup de conférences ou de choses qui puissent me permettre de continuer, justement, dans mon apprentissage.

JPL : Peux-tu me dire vers quoi tu t’orientes ?

PR : Alors moi, je m’oriente plus sur la psychologie et tout ce qui est Programmation Neuro Linguistique. Tout ce qui touche à ce domaine-là. J’aime beaucoup Tout l’aspect humain, en fait…Pour moi la meilleure façon d’apprendre, c’est d’apprendre avec l’être humain, ses comportements, sa psychologie et tout ce qui en résulte.

JPL : Que penses-tu de ta scolarité et, plus généralement, de l’école ?

PR : Ce que je pense, d’abord, de ma scolarité, c’est qu’elle a été un peu chaotique mais je m’en suis quand même bien sorti parce que, au final, je m’en suis sorti avec une confirmation presque incontestable de ma vocation. Sur ce coup-là, j’ai eu de la chance parce que c’est quelque chose que je n’avais jamais lâché : mon orientation à côté de l’école. Ensuite, je dirais que l’école n’était pas quelque chose qui me convenait. Et que chacun est libre d’aimer l’école ou de ne pas l’aimer.

JPL : Comment as-tu justement découvert ta vocation ? Tu viens de m’en parler, en parallèle de l’école. 

PR : Alors en parallèle de l’école, je cherchais beaucoup à répondre à des questions du genre : qu’est-ce que je ferai plus tard ? Quels seraient les métiers que je ferai ? etc… Je me posais beaucoup de questions sur mon avenir et je me projetais assez loin. Et ça m’a permis de commencer à enclencher une espèce de processus de recherche et d’exploration par rapport à ce que j’aimais faire, qu’elles étaient mes compétences, mes valeurs, etc… Et ça m’a permis petit à petit à me diriger aujourd’hui vers le développement personnel et la psychologie.

JPL : Par rapport à ce projet, qu’est-ce que tu penses, de façon plus générale, de l’école ? En quoi, l’école t’as aidé, ou pas, à découvrir ta vocation ?

PR : Je dirais que l’école m’a permis d’apprendre à savoir ce dont je ne voulais pas… donc ça, c’était un très bon point. Ca m’a fait 50% du travail. Et ça m’a permis aussi d’échanger avec beaucoup de personnes. C’est surtout un point bénéfique pour le terme social parce que, voilà, on a beaucoup à apprendre des autres. Et à l’école, on peut apprendre de beaucoup de monde. Et c’est surtout ça qui m’a le plus aidé, je pense, à l’école. Et puis après, il y a les bases : apprendre à écrire, apprendre à lire, apprendre à calculer, apprendre à analyser, etc… Il y a plein de bases qui sont à l’école mais… disons que c’est plutôt le côté social qui m’a aidé à l’école.

JPL : Et pour toi, si tu devais revenir à l’école, au début, que serait justement une école idéale ? Quelle serait l’école qui t’aurait permis de tout de suite pouvoir appliquer ce que tu souhaites faire ?

PR : Je pense qu’une école idéale, déjà, elle est à l’écoute de ses élèves. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de matières ou de cours qui soient imposés. Pour moi, dans une école idéale, les cours seraient en fonction des élèves. Et les élèves se retrouveraient avec des personnes qui ont les mêmes valeurs… Pas les mêmes compétences mais, en tout cas, à peu près les mêmes projets en tête pour permettre d’avancer en groupe, et aussi individuellement – ce qui est aussi important -. Je pense qu’il y aurait déjà beaucoup plus de travail sur soi, apprendre à vivre avec les autres et comprendre pourquoi les autres se comportent comme ça, etc… Je pense qu’il y a un très gros manque, en ce moment, là-dessus. Il n’y a pas, en fait, assez de soutien individuel à l’heure actuelle dans l’école. Je pense que dans l’école idéale, il y en aurait plus. Et il y aurait plus de liberté sur les choix et les aspirations de chacun.

JPL : Et, avec du recul, quels conseils donnerais-tu à un jeune de 15 ans qui ne sais pas comment s’orienter ou qui a encore des idées très floues sur son orientation ? Qu’est-ce que tu lui conseillerais ?

PR : C’est assez difficile de répondre car je ne peux pas trop me mettre à la place des jeunes de 15 ans vu qu’il y a beaucoup de cas différents et de personnes différentes. Je pense qu’il est difficile de répondre à cette question comme ça. Mais pour faire au plus simple, je pense que les jeunes d’aujourd’hui ont plus besoin d’accompagnement qu’avant parce qu’on a de plus de plus de responsabilités, de plus en plus jeune. On a aussi de plus en plus besoin de soutien. Donc moi, je leur conseillerai de trouver les bonnes personnes pour parler de leurs projets, de leur avenir et surtout de leur scolarité.

JPL : C’est-à-dire d’être plus sur terrain ? C’est ce que tu veux dire ?

PR : Euh…Oui et non. Au final, l’important c’est d’apprendre à se découvrir soi avec les autres. Et, justement, savoir ce que l’on peut faire maintenant. Mais ne pas travailler sur des choses que l’on ne pourra jamais faire et rester bloqué parce qu’on en est encore à un niveau, en fait.

JPL : Je te remercie d’avoir répondu à cette interview de jaimepaslecole.com.

PR : C’est moi qui te remercie. C’était très intéressant.

JPL : Et puis à bientôt.

PR : Oui, à bientôt, merci.

JPL : Merci Pierre.

Pierre est un exemple d’inadéquation entre un élève et l’école. Mais un exemple qui se termine, malgré tout, bien. On trouve aussi des exemples inverses dans lesquels l’école est un vrai tremplin pour des jeunes qui ont un projet en tête. Nous évoquerons aussi ce type de cas dans de prochains témoignages.

J’espère que cet article et l’interview qui l’accompagne vous ont plus. Si tel est le cas, n’hésitez pas à les partager. Si vous le souhaitez, vous aussi, témoignez de votre expérience scolaire en la partageant avec nous dans les commentaires. Et je vous donne rendez-vous bientôt pour de nouveaux articles et témoignages.

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