La magie des mots ou comment utiliser les mots pour mieux apprendre

Lorsque vous parlez à votre enfant, vous pouvez transmettre un message qui est peut être clair pour vous mais qui ne l’est pas forcément pour votre enfant. C’est ce que j’appelle pour ce post la magie des mots.

En effet, notre façon de parler et de penser reflète notre façon de « voir les choses ». Et cela est bien sûr valable concernant le langage de votre enfant (à doser selon son âge 😊).

Le langage est propre à chacun et dépend de sa culture, de son environnement…  

En ce qui nous concerne, nous utilisons un code : le français pour essayer de traduire au mieux notre propre expérience et ce que nous ressentons. Mais parfois, nous nous exprimons d’une telle façon que le message passe mal et peut créer une incompréhension.

Par exemple, l’utilisation de la négation peut créer un résultat inverse au résultat attendu : si vous dites à votre enfant de ne pas monter les escaliers tout seul, celui-ci retient « monter les escaliers tout seul », la négation n’est pas considérée par votre enfant. De même, si je vous dis de ne pas penser à un éléphant rose, vous penserez à un éléphant rose…

Nous pouvons donc nous poser la question : ce que nous disons à nos enfants est-il « conforme » à ce que nous voulons transmettre ?

magie mots - grenouilles

La magie des mots et lorsque nous ne disons pas tout

Il nous arrive de ne pas tout dire car cela peut nous paraître évident comme, par exemple, le fait d’être en colère parce que notre enfant n’a pas rangé sa chambre.

Au demeurant, que signifie « bien ranger sa chambre » ? Pour vous, cela peut être de ramasser tout ce qui traîne par terre, pour votre mère ou votre conjoint « bien ranger sa chambre » signifie un nettoyage de fond en comble…

Par conséquent, nous pouvons omettre une ou des informations qui auraient permis à notre enfant de mieux comprendre ce que nous souhaitons lui communiquer.

Si vous lui dite simplement : « je suis en colère ».  Implicitement, vous admettez que votre enfant comprend la raison pour laquelle vous êtes en colère. Est-ce vraiment le cas ?

Les personnes qui ont lu cet article ont aussi lu : 9 règles pour améliorer le dialogue enfant-parent avec la Communication Non Violente

Cependant, si vous lui dites : « Je suis en colère parce que tu n’as pas ramassé tes lego, j’aimerais que tu les range dans tel bac », cela est beaucoup plus clair.  Votre enfant comprend qu’il doit ranger ses lego dans le bac désigné.

De même, les comparatifs sont à utiliser avec parcimonie comme par exemple, « cela est mieux ». Vous pouvez vous dire que votre enfant a forcément compris. Est-ce vraiment le cas ? En effet, cela est mieux que quand ou mieux que quoi ?

La magie des mots et lorsque nous parlons vaguement

magie mots-communiquer

Il nous arrive de parler vaguement. En tout cas l’information transmise à votre enfant n’est pas précise comme : « Ce n’est pas grave ».

En effet qu’entendons-nous par « ce n’est pas grave » ? En ce qui me concerne, cette phrase est admissible tant que mon enfant est en sécurité.  Pour d’autres, sa signification peut être toute différente, d’où l’importance de pouvoir préciser et répondre à la question : « qu’est-ce qui n’est pas grave ? ».

Autre exemple, votre enfant vous dit : « j’ai réussi ».  Vous lui demanderez peut-être de détailler… : « qu’as-tu réussi ? Un devoir de maths ? Le fait de calculer la surface d’un carré ? Ou est-ce parce que tu as eu une meilleure note que Juliette ? ».

Vous vous rendrez compte qu’une demande de précision peut changer la tournure de l’échange avec votre enfant…

Si vous lui dites : « Il faut faire des modifications », vous êtes sans doute d’accord pour affirmer que cela manque de précisions : à savoir, qui doit modifier quoi ?

Même si pour vous le contexte est clair, il peut être utile d’être le plus précis possible afin d’éviter une interprétation erronée.

La magie des mots et lorsque nous « surinterprétons »

magie mots-moutons

Vous est-il déjà arrivé de penser que votre enfant lit dans les pensées lorsqu’il vous dit : « Olivier ou tel professeur me déteste ».

Vous pouvez investiguer en lui demandant par exemple : « comment le sais-tu ou qu’est-ce-qui te fait dire ça ? ». Il peut arriver qu’il s’agisse tout simplement d’une mauvaise interprétation qui peut découler sur un malentendu et, par extension, détériorer une relation.

Ainsi, votre enfant rentre à la maison et vous dit « Clémentine ne m’a pas dit bonjour aujourd’hui, donc elle ne m’aime pas ». Pour ma part, il m’est arrivé de ne pas dire bonjour car j’avais les idées ailleurs … et il est arrivé qu’on ne me dise pas bonjour et de mal le prendre… 🙂

Vous pouvez lui demander s’il lui est déjà arrivé de ne pas dire bonjour à une personne qu’il apprécie et en quoi le fait de ne pas dire bonjour à quelqu’un prouve qu’il ne l’aime ou ne l’apprécie pas.

Il est aussi possible que nous fassions des présuppositions comme, par exemple, lorsque nous disons : « Veux-tu de la confiture aux fraises ou aux abricots » ? Qui nous dit que notre enfant veut manger de la confiture ? 😊

La magie des mots et lorsque nous généralisons

magie mots - père et fils

Je suis sûr que vous utilisez parfois des adverbes généralisants comme toujours, jamais, tout le monde… En tout cas ça m’arrive.

Par exemple : « Il ne m’écoute jamais ».  A mon sens cette phrase n’est pas correcte à moins d’être sourd. 

Si votre enfant utilise ces termes, en parlant, par exemple de vous : « Tu ne m’écoutes jamais ». Dans ce cas vous pouvez lui répondre : « jamais ? Y a-t-il des cas où je t’écoute ? ». Je suis sûr qu’il existe des situations où vous l’avez écouté.

Ces généralisations utilisées à répétition risquent de stigmatiser ces propos dans la tête de votre enfant qui le prendra pour une « vérité ».

 « J’ai tout essayé ». « Vraiment tout ? ». Lorsque vous dites cela, il y a de grandes chances que vous ayez essayé de trouver une solution mais que cela n’a pas abouti comme vous le souhaitiez. Quoi qu’il en soit, sans doute, vous avez néanmoins progressé.

Aussi, vous vous dites peut-être souvent : « il faut que je fasse, je dois, je ne peux pas… ». Posez-vous la question : « Concrètement, qu’est-ce qui m’en empêche ? » ou encore « que se passerait-il si je ne le faisais pas ». Vous pourriez être surpris et vous rendre finalement compte que, peut-être, vous vous mettez des « barrières » inutiles.

Enfin, combien de fois entendons nous que les garçons sont meilleurs dans les matières scientifiques ou que les filles parlent plus que les garçons. N’est-ce pas simplifier un peu trop nos propos ?  Je suis persuadée que des filles excellent aussi dans les matières scientifiques.

Il est important, à mon sens, de prendre conscience que notre façon de communiquer nous est personnelle et que la précision peut parfois éviter des malentendus ou des incompréhensions. Nous disons parfois des choses qui nous paraissent anodines ou évidentes.  Elles ne le sont pas tant que cela pour nos enfants. Celles-ci peuvent avoir des répercussions inattendues comme le fait que votre enfant prenne, à tort, certains de vos propos comme « des vérités premières ».

Nous communiquons tout le temps. Une certaine vigilance sur notre façon de communiquer ne peut être que bénéfique pour nos enfants et aussi bien sûr dans notre quotidien avec notre entourage proche et moins proche.

J’espère que cet article vous a plu.

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One Reply to “La magie des mots ou comment utiliser les mots pour mieux apprendre”

  1. Super article! On travaille notre langage tout les jours, et ce n’est pas chose facile. Parler avec des phrases positives commence à devenir un réflexe, mais tout le reste… De plus, parfois il faut même redéfinir certains concepts appris de manière erronée. Même entre les adultes…
    Et quand deux cultures se mélangent dans une même famille, ou là là! 😁 C’est le cas de la mienne: papa Français, moi (la maman) Uruguayenne, et les enfants bilingues mais habitant en France. Du coup le défi est encore majeur!
    Heureusement nous sommes des musiciens… on se retrouve la dedans 😅.
    Merci pour les pistes et les infos!

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