Et si on abordait les matières scolaires sous un autre angle ?

Cet article participe au carnaval d’articles Apprendre en s’amusant #90

Dans notre société, les disciplines telles que le français ou les mathématiques semblent être essentielles pour « réussir » et constituent un socle.

Qu’en est-il des autres matières ? Celles-ci sont-elles enseignées de manière à ce que votre enfant s’y intéresse (vraiment) ?

Je me rappelle que chaque matière était enseignée indépendamment les unes des autres. Et c’est bien toujours le cas aujourd’hui…

J’entends par indépendamment, qu’aucun lien n’était fait entre l’histoire, la géographie, les sciences, les arts ou encore la musique…sans parler du sport.

« À partir de 2020, les jeunes finlandais ne seront plus forcés de suivre une heure de mathématiques ou de langue. À la place, des cours pluridisciplinaires seront proposés ». La Dépêche

Aucune matière n’est une fin en soi.

A mon sens, apprendre signifie aussi (surtout) apprendre à connaître comment les Hommes vivent ou ont vécu dans un espace et un temps donné.  Cette approche est plus « naturelle » et le point de départ de tout apprentissage. En somme, des Hommes qui s’intéressent aux Hommes.  Et ce, quel que soit le sujet. 

Dans certaines écoles, les enfants ont la possibilité de faire une présentation à leurs camarades sur des sujets qui les intéressent. Parfois mes enfants me demandent de leur lire un livre ou une revue sur un sujet abordé par un copain. Pour moi, il est clair que dès qu’un sujet est en liaison avec le vécu de l’enfant, ce dernier se montre plus concerné et attentif, voire demandeur.

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Par exemple, imaginez que vous présentiez à votre enfant l’Etna en disant :

« L’Etna est un volcan situé en Sicile en Italie » ou « Lorsque tu n’étais pas encore né, moi et ton père avons visité un volcan qui s’appelle l’Etna situé en Sicile en Italie ».

A votre avis, quelle phrase interpellera le plus votre enfant ? Il est à parier que plus votre enfant se sent concerné, plus il est attentif.

Bien entendu, nous ne pensons pas être directement concernés par tout mais, en fait, indirectement, nous le sommes.

D’où l’intérêt de montrer aussi votre intérêt à votre enfant. Il n’ en sera que plus « à l’écoute ».

Je me souviens, d’un cours d’histoire où je m’assoupissais en attendant la fin. Je ne trouvais pas d’intérêt à ce que le professeur me lise un livre ou des polycopiés que, par ailleurs, j’aurais très bien pu lire à la maison. Le livre était ponctué de faits étalés les uns après les autres sans liaison ni mise en perspective. Il est clair que le professeur n’était pas très motivé et ne faisait pas « vivre » sa matière…

Alors, comment pouvez-vous aider votre enfant à s’intéresser à l’histoire-géographie ou à toute autre matière ?

L’idée est de choisir un thème avec votre enfant et d’avoir une approche pluridisciplinaire (histoire, géographie, sciences naturelles, musique, etc.) en parlant des Hommes qui vivent ou ont vécu à une époque donnée.

Par thème, on entend des choses extrêmement diverses : des périodes de temps (ex : la préhistoire, la Renaissance, …), des lieux géographiques s’y afférant, des avancées technologiques ou des inventions (ex : la conquête de l’espace, la création de l’automobile, l’invention du tennis, …), une personne spécifique (ex : Cléopâtre, Victor Hugo, …) ou tout autre sujet susceptible d’éveiller la curiosité de votre enfant.

Dans tous les cas, l’idée de l’approche pluridisciplinaire est d’aider à créer les “fameux” liens dans l’esprit de votre enfant, gages d’une meilleure mémorisation à long terme.

Ce sont des Hommes qui font l’histoire, parlent de géographie, font des découvertes…

L’Homme est au cœur de l’apprentissage.

Prenons comme exemple la période de la Belle Époque (1871-1914).

La Belle Époque est le nom donné à la période marquée par les progrès sociaux, économiques, technologiques et politiques principalement en France et en Belgique, s’étendant de la fin du XIXème siècle au début de la 1ère Guerre Mondiale.

Quels liens pouvez-vous aider à créer, comment (re)faire vivre cette époque ?

En apprenant des noms et des dates par cœur ou en « plaçant » les personnes voire les personnages dans leur contexte ? La lecture de livres (romans, albums, …) peut être aussi très instructive tout en développement l’imaginaire de votre enfant.

Comment vivaient-ils à cette époque ?  A quoi s’intéressaient-ils ? Quels étaient les grandes découvertes ? Qui étaient les principales personnalités ? Que faisaient-ils pour se divertir ? Qu’écoutaient-ils ? Que lisaient-ils ? Que construisaient-ils ? Où vivaient-ils ? …

La liste ci-dessous est un panorama des hommes célèbres vivant à cette époque. Elle n’a qu’une vocation illustrative et n’est pas exhaustive 😊:

Des liens vers des documents sonores et visuels sont disponibles en cliquant sur les tableaux

matière scolaire - belle époque tableau 1
matière scolaire - belle époque tableau 2

Vous pouvez utiliser une carte mentale pour exposer des œuvres ou des productions comme ci-dessous. Elle permet d’un seul coup d’œil d’avoir un panorama de la Belle Epoque.

Matière scolaire - Des Hommes de la Belle Epoque

La peinture, la littérature, etc… témoignent de la vie quotidienne. La géographie, par exemple, n’est pas en reste si vous complétez, par les villes de naissances, de décès, les lieux d’habitation… les mathématiques en étudiant la façade d’un immeuble…

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Mais, concrètement, comment pouvez-vous faire au quotidien ?

1 – Positionner le thème dans le temps et/ou l’espace : La frise et la mappemonde

Quel que soit le sujet abordé, la frise et la mappemonde sont indispensables pour aider votre enfant à positionner le thème abordé dans le temps et l’espace. Comme je l’ai énoncé plus haut, il est question d’êtres humains qui ont existé ou existent dans un espace et un temps donné.  Par conséquent, le temps est représenté par la frise et l’espace par la mappemonde.

Un planisphère et une frise sont affichés dans la chambre de mes enfants. Dès que j’en ai l’occasion, je leur montre l’endroit et l’époque concernés.

Par exemple, sur la base d’une frise historique « Quelle Histoire », je positionne la Belle Époque à l’endroit indiqué par la flèche bleue :

matière scolaire - frise historique

2 – Rassembler des supports de natures diverses pour varier les approches

a) Le livre

Vous pouvez trouver des livres en lien avec ce que vous souhaitez transmettre : albums, romans, bandes dessinées, documentaires, articles de revues… sans oublier les classiques ! : Jules Verne…

Quelques exemples de livres sur la Belle Epoque :

  • La véritable histoire de Léonie qui vit construire la Tour Eiffel de Juliette Mellon aux éditions Bayard Jeunesse – Roman à partir de 6 ans
  • Dilili à Paris de Michel Ocelot aux éditions Casterman – Roman à partir de 6 ans
  • Marie Curie d’Isabel Thomas aux éditions Gallimard Jeunesse – Documentaire à partir de 8 ans
  • Clémenceau de Renaud Dély aux éditions Glénat BD– Collection Ils ont fait l’histoire – Bande Dessinée

Rendez-vous à la bibliothèque près de chez vous !

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b) La musique

Peut-être trouverez-vous des concerts près de chez vous ? Si tel n’est pas le cas, de nombreuses compilations existent sur cette période.

Vous pouvez aussi écouter des extraits sur le site de Philharmonie de Paris et sous certaines conditions regarder des concerts dans leur intégralité.

De nombreuses ressources pédagogiques sont aussi disponibles sur ce site. Le lien ci-dessous vous conduira vers un extrait du Bolero de Ravel.

PHILARMONIE DE PARIS

C) Les dessins animés et documentaires

Des documentaires ont été réalisés à destination des enfants comme :

Quelle aventure :  La belle époque (C’est pas Sorcier !).

Si vous avez l’intégrale de la série « Il était une fois … l’homme », vous pouvez aussi visionner l’épisode 24 qui est consacré à la Belle Époque.

Enfin, les plus grands peuvent regarder “Les Brigades du Tigre” dont les 4 premières saisons se déroulent à la Belle Époque et narrent les aventures d’une brigade policière spéciale mise en place par Georges Clémenceau.

d) Les sorties

Si vous habitez Paris ou Bruxelles, une promenade vous permettra de découvrir l’architecture de cette époque. De nombreuses villes témoignent de cette période. Pensez à lever parfois la tête !

Quelques exemples :

matière scolaire - belle époque tableau 3

La visite de musées vous fera bien sûr aussi découvrir cette belle époque 😊.

Voici une liste éclectique et non exhaustive en France et en Belgique : Les musées Jacquemart-André, Carnavalet à Paris, les musées Rodin à Paris (7ème) et Meudon (92), le musée Maxim’s à Paris (8ème), le musée Renoir à Cagnes-sur-Mer (06), le musée Toulouse-Lautrec à Albi (81), le musée Fin de Siècle à Bruxelles, le centre Belle Epoque à Blankenberge également en Belgique, …

Le choix est vaste !

Comme vous le voyez sur cet exemple, les matières scolaires, quelles qu’elles soient, peuvent être abordées de façon pluridisciplinaire et ludiques. Le maître-mot selon moi est de s’intéresser aux hommes et de créer des liens qui ont du sens : qu’est-ce que les hommes ont fait avant moi, font et qu’est-ce que je ferai ? Cela permet de replacer l’enfant dans un ensemble : sa vie d’aujourd’hui résultent des choix, des découvertes, des événements qu’ont créés – parfois subis – les hommes avant lui. Et lui-même sera tout au long de sa vie, un maillon qui contribuera à façonner la vie des hommes dans le futur. De plus, plus l’enfant assimilera les liens qui unissent l’ensemble du thème que vous lui présenterez, meilleure et plus durable sera sa mémorisation. Ce ne sera pas une simple leçon qu’il s’efforcera de retenir par cœur et qu’il oubliera aussi vite une fois le contrôle passé mais un véritable vivier de connaissances qui seront autant de fondements de son savoir et de sa personnalité dans le futur.

Bien évidemment, cette approche « naturelle » doit aussi être aussi ludique que possible. D’où la nécessité de créer des activités ou des jeux autour. Ainsi, les connaissances seront acquises sans voir l’impression de devoir déployer des efforts rébarbatifs pour y arriver.

Vous-même en tant que parent, que pensez-vous de cette approche pluridisciplinaire des matières scolaires ? Je compte sur votre retour par commentaires interposés pour partager avec nous vos expériences, vos questions voire vos doutes ou interrogations.

Et si vous avez aimé cet article, n’hésitez pas à le partager.

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6 Replies to “Et si on abordait les matières scolaires sous un autre angle ?”

  1. Vraiment chapeau 🎩 pour cet article. Je suis maman seule avec mon fils de 11 ans en ief (il fait une sorte de phobie scolaire) et cette approche m’en parait tellement juste, logique, vivante!! Il faudrait arriver à créer un site web collaboratif pour que les gens qui le’ souhaitent/le peuvent, puissent contribuer à créer des « chapitres » « holistiques » imitant l’article que vous venez d’écrire. Ça serait très aidant et soutenant pour les parents comme moi! 💗

    1. Elisabeth Vitrani says:

      Merci beaucoup pour votre commentaire. Ça me fait plaisir que vous partagiez mon point de vue sur une approche pédagogique moins académique et plus orientée vers l’humain.

  2. Bonjour,
    Je partage votre point de vue mais j’ai du mal à le faire vraiment, je me bloque en fait. Ce qui me bloque c’est doit-on avoir des traces écrites obligatoirement ou l’enfant peut-il étudier toutes ces activités sans avoir à retranscrire ce qu’il a compris. Mettre par exemple un personnage sur une frise ou la carte oui, mais doit-on écrire sa biographie où laisse-t-on les supports choisis sans ajouter plus d’écriture si l’on ne souhaite pas.
    Je ne suis pas sûre d’être claire… Désolé…
    Merci de votre article très intéressant.
    Coralie

    1. Elisabeth Vitrani says:

      Bonjour Coralie,

      Merci pour votre commentaire.

      Cela dépend du cadre dans lequel vous déployez cette approche (IEF ou accompagnement scolaire) et de l’âge de l’enfant. Lorsqu’on évolue dans le contexte d’une Instruction en Famille, la “validation des acquis” est indispensable. On peut bien évidemment faire des “exercices” classiques mais aussi imaginer, toujours selon l’âge, des approches cadrées plus ludiques et créatives comme, par exemple :
      – d’écrire un récit “imaginaire” se passant à l’époque étudiée ou sur le thème étudié. Il convient de demander à l’enfant d’inclure dans son récit quelques uns des personnages historiques que vous avez vus,
      – sur un thème comme le football, de calculer la surface du terrain.
      En ce qui concerne les supports, je pense que vous pouvez les utiliser tels quels sans les refaire ou les amender sauf… si vous en ressentez le besoin. Car l’une des clés de la réussite de l’enfant est aussi que vous-même soyez à l’aise avec le matériel que vous utilisez.

      Elisabeth

  3. Ma fille n’étant jamais allée à l’école, les choses se sont fait progressive. Et surtout nous avons dans la cuisine une frise, qui était vierge à l’origine, depuis 3 ans. On colle dessus des portraits de personnalité, des photos de lieux visités et même des emballages de bonbons (elle fait des articles historique sur le sujet sur mon blog si ça t’intéresse). C’est à mes yeux l’outil le plus pratique pour connecter les informations. Ainsi on sait que les pralines rose de Lyon ont été inventé à la même époque que les mousquetaires ont vu le jour. On sait que tel château en ruine est en réalité plus récent que tel temple en Asie, etc.
    Et au final, on fait sans le chercher ce que les sciences ont montré être la meilleure façon de retenir les choses : on multiplie les connexions autour d’une information précise.

    1. Elisabeth Vitrani says:

      Tiphanya,
      Merci beaucoup pour votre commentaire. C’est une très bonne idée de regrouper sur une frise l’ensemble des informations glanées aux gré des voyages et sorties pour les replacer sur une ligne temporelle commune.
      Effectivement, l’une des idées récurrentes du blog jaimepaslecole.com est que plus on multiplie les liens entre les différentes matières ou les différents sujets, meilleure sera la mémorisation pour l’enfant mais aussi pour les parents :). Cela donne du sens aux apprentissages.

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