Les animaux : un atout pour le développement des enfants

Comme beaucoup de parents, peut-être avez-vous déjà envisagé de prendre des animaux à la maison pour vos enfants ? Vous avez sans doute remarqué que la relation de l’animal à l’enfant est unique : à la fois compagnon de jeu et confident, l’animal prend rapidement une place importante dans la vie de l’enfant et notamment dans les plus jeunes années.

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Et en effet, des études récentes ont démontré l’importance de la place de l’animal dans le développement, l’apprentissage et l’éducation de l’enfant.  

L’impact des animaux domestiques pour la santé des enfants

Tout d’abord, l’étude de la revue scientifique américaine Clinical & Experimental Allergy menée auprès de 600 personnes conclue que l’exposition précoce des enfants (lors de la première année) aux facteurs allergènes naturellement présents chez les animaux domestiques accroît leur immunité en stimulant la production d’anticorps et réduit ainsi, plus tard, les risques d’allergies et d’asthme de moitié.

Développement de la gestion émotionnelle, de l’empathie et du sens des responsabilités

Les travaux de Hubert Montagner

Contrairement à une peluche, l’animal a besoin de soins et d’attention. Il faut régulièrement lui donner à manger et, éventuellement, le sortir pour faire ses besoins. A son contact, l’enfant développe son attention aux autres et développe son empathie envers autrui.

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Hubert Montagner, directeur de recherche à l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médical (INSERM) et expert à l’Institut National de la Recherche Pédagogique, explique que l’animal familier apporte une sécurité affective à l’enfant. Cet élément peut d’ailleurs être constaté sur le plan physique car lorsqu’un enfant caresse un animal, son rythme cardiaque diminue. C’est aussi un complément efficace pour réguler l’hyperactivité de l’enfant.

Hubert Montagner, poursuit en expliquant qu’en état de sécurité affective, l’enfant va généralement parler à l’animal : « Je suis content de te voir… » ou bien encore « j’ai eu peur que tu te fasses mal… ». Ainsi l’enfant va libérer les 6 émotions fondamentales de l’espèce humaine : joie, colère, peur, tristesse, dégoût et surprise.

Les animaux aident à développer les compétences socles pour les enfants

Dans le même temps, les animaux ont aussi pour qualité d’aider les enfants à libérer leur compétences socles du développement affectif, émotionnel, social et cognitif :

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  • L’attention visuelle soutenue. Contrairement à l’être humain, l’animal ne détourne pas le regard et donc l’enfant peut le regarder dans les yeux très longtemps ;
  • L’élan à l’interaction. Ce sont les mécanismes et processus par lesquels l’enfant se rapproche d’autrui. L’animal familier étant en quête affective permanente, il aide indirectement l’enfant à apprendre à établir des liens de proximité ;
  • Les comportements affiliatifs. Ce sont les comportements qui semblent traduire l’adhésion à ce que l’enfant fait ou dit. Le chien, par exemple, va bouger la tête ou remuer la queue, ce qui fera dire à l’enfant qu’il est d’accord avec ce qu’il fait ou dit.
  •  L’organisation structurée du geste. L’enfant peut observer un être vivant avec des gestes très structurés et très performants pour atteindre un objectif (sauter, attraper une balle, etc..) et comprendre l’importance de gestes précis.
  •  L’imitation. L’animal donne l’impression qu’il imite le comportement humain et donne envie à l’enfant de faire de même.

Animaux familiers et animaux de compagnie

Par ailleurs, Hubert Montagner, fait une distinction entre animal familier et animal de compagnie.

L’animal familier est un membre à part entière de l’univers familial dans lequel on lui octroie une certaine liberté d’expression.

L’animal de compagnie est l’animal choisit pour sa docilité et « flatter » l’égo de son maître et qui sera « mis en scène » notamment un habillement ou des accessoires (types nœuds dans les poils, etc…).

Selon le professeur Montagner, c’est avec l’animal familier que l’enfant a le plus de chance de nouer des liens de proximité. Et parmi les animaux, il ne retient que 5 catégories susceptibles d’être qualifiés d’animal familier : le chien, le chat, le cheval, le perroquet et … le dauphin (pour ce dernier, il sera très difficile de l’avoir à domicile J ). Les autres animaux domestiques tels que les lapins ou les hamsters ne sont pas pour autant dénués d’intérêt mais ils ne sont pas en mesure d’agir sur les 5 compétences socles mais seulement sur 3 ou 4.

Les lecteurs de cet article ont aussi lu Comment s’inspirer de l’école Freinet à la maison ?

Développement de la confiance en soi

L’animal n’a pas d’humeur et il ne juge pas. En effet, il accepte l’enfant tel qu’il est. Quelle que soit sa couleur de peau, ses vêtements ou bien encore son handicap. Le regard bienveillant qu’il porte sur l’enfant aide ce dernier à forger sa confiance en soi. En toute sécurité émotionnelle, il peut interagir avec l’animal sans risquer d’être jugé. Devant l’animal, il est ainsi à même de tenter ses propres expériences sans lire le regard désapprobateur d’un éventuel observateur.

Les animaux pour détecter les capacités de leadership des enfants

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La faculté qu’à l’enfant d’amener l’animal faire ce qu’il souhaite sans violence ni contrainte est aussi un bon indicateur des capacités de leadership de l’enfant c’est-à-dire sa capacité d’être suivi et d’être imité par les autres. Le contact de l’enfant avec le cheval est à cet effet riche de sens. L’enfant saura-t-il amener le cheval là où il le souhaite avec souplesse ?

Pour en savoir plus…

Pour Hubert Montagner, l’interaction enfant/animal est un plus indéniable dans le parcours pédagogique. L’ensemble des travaux menés par Hubert Montagner l’a d’ailleurs conduit, tout comme Boris Cyrulnik, à fortement recommander l’introduction des animaux pour les enfants en milieux pédagogiques, dans les centres pour handicapés voire dans les hôpitaux. Il a synthétisé ses conclusions dans le livre « L’enfant et l’animal » paru aux éditions Odile Jacob dont vous pourrez trouver le lien chez notre partenaire au bas de cet article. Si vous souhaiter en savoir plus, je vous conseille aussi la lecture de l’interview recueillie à ce propos par Hélène Dufau que vous pouvez retrouver ici.

Conclusion

Pour conclure, si vous souhaitez sauter le pas et accueillir un animal dans votre foyer, souvenez-vous qu’il s’agit d’un engagement sur le long terme et qu’il comporte certaines contraintes selon les animaux concernés : sorties du chien, coût des soins vétérinaires et de la nourriture, … Si vous n’êtes pas sûr de pouvoir respecter cet engagement, abstenez-vous !

Enfin, un animal reste un animal. Donc ne laissez jamais un enfant en bas âge sans surveillance avec un animal en liberté à proximité (un chien comme un chat mais aussi un perroquet voire un lapin). L’animal n’est pas forcément agressif mais il peut avoir une mauvaise réaction si l’enfant lui fait mal par exemple. Renseignez-vous sur les différentes races d’animaux, certaines s’accommodent plus facilement des jeunes enfants.

Si vous faîtes le choix d’accueillir un animal dans votre famille (comme je l’ai fait moi-même), n’hésitez pas à nous faire part de votre expérience et si vous avez appréciez cet article, partagez le si vous souhaitez.

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